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Notions et lois fondamentales d'éthologie

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CHR
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Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar CHR » ven. 8 avr. 2016 12:58

Un peu de théorie qui sert à expliquer entre autre l'importance du "contrôle de la motricité volontaire", mais pas seulement. Ceux qui se destinent à pratiquer un sport de mordant, mais pas que (beaucoup de sports canin sont concernés), y trouverons des réponses.


A ) L' appétence, l'excitation-clé, l'acte instinctif, l'acte final et le but de l'instinct.

Les attitudes par lesquelles un animal sans apprentissage préalable se met en rapport avec son environnement, sont appelées " acte instinctif ". Pour qu'elles soient efficaces, il faut normalement que deux conditions soient remplies : d'abord, le chien doit avoir à sa disposition l'instinct nécessaire et le comportement (motivation) ou "appétence spécifique". Celle-ci sera destinée aux événements conscients de la vie du chien par l’interaction de plusieurs glandes et effets physiques (excitation interne, la faim par exemple quand l'estomac est vide) . Pour cela, il existe une machinerie physique animale qui agit comme mécanique d'impulsion : elle n'attend pas passivement l'arrivée d'événements, mais cherche à permettre la mise en œuvre d'attitudes appropriées aux différentes "atmosphères". En second lieu, une excitation-clé (stimulus, pluriel stimuli) doit déclencher un acte instinctif.
L'acte instinctif sera circonscrit, dans la plupart des cas, à un "acte final" simple et court, bien souvent très rigide et immuable. L'acte final agit en direction opposée de l'acte d'appétence, consommateur d'instinct, satisfaisant l'instinct et diminuant la pression. Avec l'épuisement de l'acte final, la "cible biologique" qui est le but de l'instinct d'une séquence entière de comportement, est atteinte. Cet état d'équilibre diffère légèrement de celui du départ car l'animal aura engrangé une expérience supplémentaire. Les échéances suivantes peuvent survenir après des intervalles de temps très variables.
La phase consommatoire, (acte final) acte consommatoire des éthologues et acte central de la séquence comportementale, par exemple l'ingestion de la proie, permet la satisfaction de la motivation (ici, la faim).La phase consommatoire peut également être la phase appétitive d'un autre comportement !
Un animal qui a mangé peut avoir soif.

B ) La réaction gratuite, le mouvement intentionnel
Si un instinct ou si le refoulement de l'excitation interne est excessivement élevé et si l'excitation-clé spécifique nécessaire est absente, alors, il ne peut y avoir de déroulement spontané de l'acte instinctif. On décrit cet événement d'acte gratuit : il est destiné à protéger le système nerveux des dégâts dus à un insupportable refoulement de l'excitation. La disposition d'instinct en tant qu'impulsion ne réussit pas à amener, grâce à une excitation-clé, le déroulement d'une chaine complète d'actes, elle persiste dans un signe, dans une mise en œuvre du mouvement. Si la disposition d'instinct est encore moindre, il n'y aura aucune réaction, même en présence de l'excitation-clé.
Le contraire de la réaction gratuite est le mouvement intentionnel.

C ) Les comportements de conflit
Normalement, la situation extérieure et l'instinct se différencient de manière non équivoque pour savoir quelle attitude appeler en face d'une situation donnée. Il peut cependant arriver, par hasard, que deux tendances non compatibles s'activent simultanément et presque aussi fortement l'une que l'autre et qu'aucune d'entre elles ne domine clairement. Dans ce cas, on peut arriver à un conflit qui s'exprime de trois manières : par un comportement ambivalent, par un comportement polyvalent ou par un franchissement. Une telle répression réciproque est connue dans beaucoup de comportements. Très souvent, elle intervient entre des fonctions différentes. Elle est très développée dans des domaines antagonistes entre des comportements de fuite et d'agression. On peut, ici, observer souvent des actes typiques de substitution comme : menacer, aboyer, marquer, gratter, bâiller, etc... Toutes les formes de réaction dénotées ont le même effet: elles conduisent à une détente de la situation, à une disparition du conflit. L'équilibre doit être reconstruit en faisant agir ailleurs l'énergie instinctive accumulée.
Les mouvements ambivalents sont une combinaison de plusieurs instincts non compatibles, le plus souvent, la combinaison simultanée de leur mouvements intentionnels, la plupart sous la forme d'actes corporels définis, ou leur succession rapide, le plus souvent répétés d'une manière aléatoire. Ainsi, on peut voir dans le comportement de menace du chien, des éléments de fuite ou d'attaque.
Les mouvements polyvalents sont aussi un acte de substitution qu'on observe surtout au cours des conflits entre les comportement de fuite et d'attaque. Une attitude entre en action, son action est pourtant détournée en direction d'un objet destiné à l'amortir. Si par exemple, un animal est menacé par un congénère d'un rang supérieur, la réaction ne sera pas , le plus souvent, dirigée vers l'attaquant , mais au contraire vers un congénère d'un rang inférieur.
Cette attitude est probablement responsable de ce que bien des chiens deviennent agressifs envers l'homme d'attaque à cause de la dureté du maître, il à déjà été noté dans des expériences sur le comportement d'agression, que parfois le collier à pointes ou les chocs électriques de forte intensité, agissent en développant l'agressivité.
Enfin il y a encore des situations de conflit dans lesquelles "ce qu'on attend" (c'est à dire des attitudes adaptées à la situation), ne se produit pas, mais on voit arriver autre chose, complètement "fou", dans cette circonstance. Ce comportement de franchissement se produit toujours quand deux tendances incompatibles sont activées simultanément avec à peu près la même intensité et sont réprimées toutes les deux. A l'éclatement apparaît le plus souvent une troisième tendance - quoique plus faible - qui restait cachée. La plupart des attitudes qui apparaissent sont complètement activée, comme le mouvement de prise de nourriture, les soins corporels, les soins à la nichée.
Des indices typiques de l'existence d'un conflit sont les actions de redoubler de bâillements dans des situations incongrues, de trembler, de baver, de sauter à tort et à travers, de gratter le sol ou les murs, de gémir, de se vider, de vomir ; certains chiens lèvent sans arrêt la patte pour uriner, ou se couchent dans des positions inconfortables et insatisfaisantes, comme si ils voulaient dormir. Ils peuvent aussi exprimer des mouvements instinctifs incomplets (mouvement intentionnel) qui ne conviennent pas à la situation. On connaît aussi le grattage surexcité, très fréquent et le fait de se secouer ou de se lécher les pattes qui sert de dérivation à l'excitation dans des situations embarrassantes.
Chaque situation de conflit représente pour le chien une grande pression nerveuse. Certains chiens supportent une haute pression, d'autres montrent une détérioration précoce des nerfs ou de l'organisme, ou des deux, observable sur des chiens dressés conformément au "dressage traditionnel des chiens de défense", c'est à dire par le service de défense obtenu par le seul instinct de défense, où dès le départ comme déjà vu, on trouve le conflit entre comportement de fuite et d'agression. Si on doit dresser un chien au mordant par l'instinct de défense, on sera, en cours de route, touché par ce conflit. On arrive à des phénomènes de surexcitation nerveuse dans des conflits anciens ayant une source non biologique, ces phénomènes (angoisse excessive, destruction des contacts sociaux, impuissance et destruction des contacts sexuels inclinaison vers des stéréotypes, va et vient des animaux de zoo devant leur barreaux, saleté de la niche, méchanceté entre autre) peuvent résister obstinément en tant que causes névrotiques durables, pendant toute la vie. Les chiens ayant de tels troubles du comportement vont souvent complètement tromper les cynophiles et être considérés comme de bon chiens de défense.
Mais la détérioration nerveuse n'est pas toujours le stade final. Souvent on peut observer des formes végétatives de névrose organique sous forme de phénomènes de surexcitation psycho réactive, s'exprimant par la destruction de l'appareil digestif, circulatoire, respiratoire et de l'appareil cervical et sexuel. Le facteur temps y joue très souvent un rôle important. Il peut, par des pressions psychiques de courte durée, conduire seulement à une détérioration des fonctions dominantes et par des pressions plus durables, à des maladies chroniques, constatables par des dommages organiques : mauvais poil, allure bringballante, eczéma, lenteur de cicatrisation, manque de résistance à l'infection, blanchissement rapide, sénilité, rhumatismes musculaires et articulaires et bien d'autres choses. Les cynophiles dépensent un tas d'argent pour des médicaments au lieu d'«humaniser» leur méthodes de dressage et de procurer au chien une vrai vie de chien. Il convient de doser individuellement le développement de l'instinct de défense et pas toujours très massivement, pour que le chien s'en trouve bien, car de telles surcharges dommageables, mais aussi le sous-développement , sont évités.
Pour le dire clairement, les contraintes venues du maître ou de l'homme d'attaque, ou des deux, et les comportements de défense (développement de l'instinct de défense) sont couplés et représente pour le chien une pression nerveuse extrême, à cause de laquelle plus d'un maître à perdu son chien.

D ) La résultante des excitations
Dans beaucoup d'attitudes, il n'y a pas qu'une seule excitation de déclenchement, mais plusieurs qui peuvent mettre en route, d'elles-mêmes ou toutes ensemble, le mouvement voulu. Dans ce cas, on peut développer les excitations dans leurs actions mutuelles. Le phénomène du renforcement concomitant n'est jamais contrarié par les excitations d'ordre différent. Bien plus la même excitation, si elle est présentée par le même émetteur de plusieurs manières ou par plusieurs émetteurs de manière simultanée, peut avoir un effet proportionnellement plus fort. La valeur totale d'excitation d'une situation se compose aussi de la réunion de tous les éléments d'excitation qui entre en scène. Ceci ne signifie pas que les unités d'excitation s'ajoutent simplement, mais au contraire, qu'elles s'encouragent mutuellement sans représenter effectivement la somme exacte des excitations. Il s'agit en quelque sorte d'un renforcement mutuel des diverses excitations.
Ces lois entrainent pour le dressage du chien de défense , les corollaires suivants : si je veux amener un chien à un comportement de proie plus fort, je peux répéter plusieurs fois l'excitation de proie. Autrement, je peux aussi soumettre le chien à un encouragement à bien mordre, en vue d'un dressage compris comme un tout, si je lui fournis toutes les possibilités d'instinct qui le motiveront, c'est à dire que je devrai encourager le chien dans l'instinct de proie, de défense et d'agression. La conclusion logique de l'encouragement de l'instinct, c'est que finalement, par sa seule intervention au cours du dressage, l'homme d'attaque doit amener les instincts de proie, de défense et l'agressivité sociale, à un seuil de déclenchement.

E ) La fatigue spécifique à l'action et à l'excitation
Tout aussi simplement qu'on a décrit précédemment l'excitation d'un chien, il ne sera pas difficile de saisir qu'il existe un adversaire : la fatigue.
La plupart des attitudes sont pleinement susceptibles d'un déclenchement renouvelé, même après leur précédente intervention. Pour d'autres, au contraire, il faut une plus longue période de récupération. Cette fatigue spécifique à l'action est elle-même quelque fois une action entière. Si les comportements sexuels ou la mise en œuvre de la fonction de nutrition (instinct de proie) peuvent intervenir irrégulièrement, les comportement de fuite et de défense doivent être disponibles en permanence.
Une autre forme de fatigue, est la fatigue spécifique à l'excitation. Il s'agit de la diminution de la capacité de répondre à une excitation donnée. Si on donne à un carnassier plusieurs proies coup sur coup, il réagit les première fois, mais après plusieurs répétitions, ça ne l'intéresse plus. Il ne s'agit pas de fatigue corporelle, mais de fatigue spécifique à l'action, car il peut réagir à une autre excitation. Il est intéressant aussi de savoir qu'une fatigue spécifique à l'excitation peut survenir si l'attitude appropriée n'est pas apparue.

En éthologie, un stimulus est un agent externe - objet, événement, aspect, changement d'aspect… - ou un agent interne - émotions, hormones…-, susceptible d'influencer le comportement du sujet. Les stimuli-clés (ou signal) sont des stimuli externes qui sont des clefs ouvrant les serrures des filtres neurologiques.
Le système sensoriel filtre les éléments les moins signifiants de l'environnement : sans cette occultation nous serions submergés par toutes les stimulations extérieures. Ces stimuli sont donc, dans ce cas, des stimuli déclencheurs qui provoquent différentes actions de l'individu qui peuvent être :
• innées
• acquis qui influencent une réponse comportementale (stimulus orientateur ou directeur).
Les stimuli-agents déclenchent des comportements, un peu comme des réflexes, et sont présents chez des organismes simples pour filtrer les stimuli extérieurs : ils sont souvent à la base des comportements taxiques.
Certains stimuli, dits motivationnels, ne déclenchent aucune réaction observable, mais abaisse le seuil de réponse de déclenchement d'un comportement (potentiation).

Dans le cas un peu spécial des conditionnements, un stimulus peut être:
• neutre - un stimulus neutre est un stimulus qui ne déclenche aucune réponse de la part de l'animal.
• inconditionnel - un stimulus inconditionnel est un stimulus qui déclenche une réponse régie par la " nature " de l'animal, c'est-à-dire par les lois de sa physiologie. Par exemple, le chien salive en présence de nourriture.
• conditionnel - un stimulus conditionnel est un stimulus neutre qui déclenche une réponse dite conditionnelle lorsqu'il est associé à un stimulus inconditionnel. La clochette est un stimulus conditionnel dans l'expérience de Ivan Petrovitch Pavlov
• discriminatif - un stimulus discriminatif est un stimulus en présence duquel la probabilité ou la fréquence d'une réponse est modifiée dans le sens d'une augmentation (positif) ou d'une diminution (négatif).
• appétitif - un stimulus appétitif est une stimulation plaisante, agréable, désirable, qui tend à la satisfaction, dont l'animal veut se rapprocher ou qui provoque des sensations ou des réponses de bien-être.
• aversif - un stimulus aversif est une stimulation déplaisante, désagréable, indésirable, qui tend à la dissatisfaction, dont l'animal veut s'éloigner ou qui provoque des sensations et des réponses de mal-être, de douleur ou de peur.
• disruptif - un stimulus disruptif est un stimulus sans relation fonctionnelle avec la séquence comportementale en cours: il l'interrompt et provoque un comportement d'attente (phase d'expectative).

Pavlov et ses collaborateurs avaient remarqué assez rapidement au cours de leurs expériences de conditionnement que les chiens présentaient des variations individuelles importantes : soumis à une même situation expérimentale deux chiens ne vont pas apprendre aussi vite l'un que l'autre, et éventuellement l'un pourra présenter des troubles névrotiques, tandis que l'autre s'adaptera facilement. La constatation de telles différences comportementales amena Pavlov à élaborer sa théorie des «types nerveux » et à se poser la question de l'origine congénitale ou acquise de ces types.
Les expériences de Pavlov sur ce problème sont peu nombreuses, mais elles ont été complétées de façon appréciable par Krushinskii (auteur chargé pendant la guerre des chenils de l'Armée-Rouge).
Krushinskii eut les moyens de reprendre certaines hypothèses avec un important matériel expérimental. Chacun sait que les réactions en présence d'un étranger varient selon les chiens. Certains lui feront face, voire l'attaqueront (Réaction de Défense Active), d'autres au contraire seront apeurés et iront jusqu'à fuir (Réaction de Défense Passive).
Cent quarante-deux airedales et cent soixante-deux bergers allemands furent divisés en quatre lots. Deux lots (un de chaque race) furent confiés à des particuliers et les chiens furent ainsi élevés en contact avec la diversité du monde extérieur ; un autre lot de chaque race fut élevé isolé dans des chenils.
En étudiant la Réaction de Défense Passive de ces chiens devenus adultes, Krushinskii fit plusieurs constatations.
Premièrement, en comparant les bergers allemands élevés en liberté aux airedales élevés dans les mêmes conditions, il observera une proportion plus grande et un degré plus élevé de Réaction de Défense Passive chez les bergers allemands.
Deuxièmement, l'élevage dans des conditions d'isolement aura augmenté à la fois la fréquence et le degré d'expression de la Réaction de Défense Passive chez les deux races de chiens par rapport aux sujets qui ont été élevés au contact du monde extérieur; mais, d'autre part, cette accentuation aura été plus nette chez les bergers allemands élevés isolément que chez les airedales.
Krushinskii conclura qu'une réaction de défense passive est formée par l'interaction des influences du génotype et des conditions extérieures de l'élevage
Que les conditions d'élevage influencent le comportement ultérieur des animaux amènerons les scientifiques à se demander quels sont les facteurs actifs de l'environnement.
Ainsi pour comprendre l'influence sociale sur le développement psychophysiologique des jeunes chiens il est maintenant important de ne pas oublier d'inclure comme facteur, l'expérimentateur lui-même dont le contact avec l'animal, même réduit à une stricte neutralité, n'est pas totalement indifférent. Autrement dit, il apparaît que toute expérience scientifique sur une espèce animale donnée est en fait en même temps une situation interspécifique où l'animal humain ne peut manquer d'intervenir en tant que tel.
Modifié en dernier par CHR le mer. 31 janv. 2018 18:12, modifié 1 fois.

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Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar Ced » ven. 8 avr. 2016 13:18

Ce sujet est très intéressant CHR, le problème est que je doute fortement que les gens qui prennent des décisions hâtives quant à l'adoption du Malinois et ceux qui font du mordant dans leur jardin ( oui il y en a... :( ), ou ceux qui le pratique en mode irréfléchi, prennent conscience de cela ( encore faut il qu'ils lisent ..... )et comprennent !! )
Ceci dit, ce sujet est vraiment excellent ;)
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Re: Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar Øyen » mar. 2 avr. 2019 10:36

Complexe mais hyper intéressant :)

Si je comprend bien:
- Acte instinctif = appétence spécifique + excitation-clé
- Appétence spécifique = instinct + motivation (ex: instinct de prédation + faim)
- Excitation-clé: ex: un lapin qui court
- Cible biologique : ex: être repus
- Séquence entière des comportements : ex: le chien voit le lapin, le course, le chope, le secoue pour le tuer et le mange
- Acte final: ex: ingestion du lapin, qui peut être le début d'un nouvel acte instinctif
Concernant le changement d'état d'équilibre: manger pour la première fois un lapin peut augmenter la motivation de chasser des lapins chez ce chien nourri aux croquettes
Du coup dans cet exemple, l'acte instinctif est à la fois l'instinct de prédation, le besoin de manger par faim, la vue du lapin qui court et l'enchainement des actions jusqu'à l'acte final (manger le lapin) pour atteindre la cible biologique, càd ne plus avoir faim ?
Est-ce bien cela?

Est-ce que tu pourrais donner un exemple d'acte gratuit comme tu l'a fais avec la faim pour l'acte instinctif? Et un exemple de mouvement intentionnel?

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Re: Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar CHR » mar. 2 avr. 2019 11:48

Exemple de mouvement intentionnel :
l'agression qui n'est pas l'attaque du prédateur sur sa proie, mais la violence exercée par un animal sur un autre sans autre bénéfice immédiat que le désir d'écarter le gêneur. C'est un acte social intentionnel dirigé contre une victime identifiée, dont le dessein principal est de la blesser (voire plus)

Exemple réaction gratuite :
Les comportements ludiques. Ils peuvent être enchaînés sans logique et provoquer des réactions sans rapport logique non plus. Tous les comportements phylogénétiques sont acceptés, morsure comprise, tout est permis ou presque.
Ce sont les comportements ludiques qui participent le plus à l'évitement des conflits, au contrôle et à l'inhibition de la morsure, à la mise en place des comportements adaptés avec l'homme (limites, renforcement), etc.

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Re: Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar Øyen » mar. 2 avr. 2019 12:12

CHR a écrit :Exemple de mouvement intentionnel :
l'agression qui n'est pas l'attaque du prédateur sur sa proie, mais la violence exercée par un animal sur un autre sans autre bénéfice immédiat que le désir d'écarter le gêneur. C'est un acte social intentionnel dirigé contre une victime identifiée, dont le dessein principal est de la blesser (voire plus)

Exemple réaction gratuite :
Les comportements ludiques. Ils peuvent être enchaînés sans logique et provoquer des réactions sans rapport logique non plus. Tous les comportements phylogénétiques sont acceptés, morsure comprise, tout est permis ou presque.
Ce sont les comportements ludiques qui participent le plus à l'évitement des conflits, au contrôle et à l'inhibition de la morsure, à la mise en place des comportements adaptés avec l'homme (limites, renforcement), etc.


Merci :)
Globalement si je jette le jouet et que je demande à ma chienne de ne pas bouger on est dans une réaction gratuite, c'est ça?
Et donc le mouvement intentionnel c'est tout ce qui n'a pas pour but de combler les besoins de l'animal mais qu'il fait volontairement ? ou alors je me trompe?

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Re: Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar Dom74 » mar. 2 avr. 2019 12:17

Bravo pour ces explications. ;)
Dom & Tattoo vous saluent

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Re: Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar CHR » mar. 2 avr. 2019 12:20

Øyen a écrit :
Globalement si je jette le jouet et que je demande à ma chienne de ne pas bouger on est dans une réaction gratuite, c'est ça?


Jouer avec un chien (tout est permis ou presque) en respectant ses règles du jeu ( je jette une balle et tu ne dois pas bouger avant que je te le dise) permet très rapidement de lui fixer avec bienveillance les limites à ne pas dépasser et lui faire privilégier certains comportements au détriment d'autres.
Attention, ça ne doit pas être une séance d'obéissance et il faut procéder par petites touches selon l'évolution physique et mental de son élève, beaucoup de débutants ont tendance à en faire beaucoup trop trop vite.

À noter : chez les canidés sauvages, les comportements ludiques cessent à l'âge adulte, ce qui n'est pas le cas chez le chien (ce que l'on nomme la néoténie).

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Re: Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar Øyen » mar. 2 avr. 2019 13:08

CHR a écrit :
Jouer avec un chien (tout est permis ou presque) en respectant ses règles du jeu ( je jette une balle et tu ne dois pas bouger avant que je te le dise) permet très rapidement de lui fixer avec bienveillance les limites à ne pas dépasser et lui faire privilégier certains comportements au détriment d'autres.
Attention, ça ne doit pas être une séance d'obéissance et il faut procéder par petites touches selon l'évolution physique et mental de son élève, beaucoup de débutants ont tendance à en faire beaucoup trop trop vite.


Ok je crois que j'ai compris, merci :)
CHR a écrit :
À noter : chez les canidés sauvages, les comportements ludiques cessent à l'âge adulte, ce qui n'est pas le cas chez le chien (ce que l'on nomme la néoténie).

Ah c'est fou, les loups adultes ne jouent pas? Qu'est-ce qui fait que les chiens conservent ces comportements à l'âge adulte?

En tout cas, encore une fois, tu m'apportes plein de connaissances, merci :)

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Re: Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar yannick » mar. 2 avr. 2019 19:14

merci CHR : toujours au top! :D
En RU ; Pierre QUERRIEN a développé une technique basée sur l'observation de la mère avec ses chiots; je cite:

"Pour les personnes qui ont fait un peu d’élevage, en observant une mère avec ses petits, on s’aperçoit très vite que la communication (positive ou négative) se fait par la gestuelle et l aboiement. À cela, il faut ajouter un bruit significatif de la mère lorsqu’ elle cherche « Le RENIFLEMENT » qui interpelle et ramène les chiots, ce que j’appelle « Le SNIFF ». Je me suis donc servi de ce signe acoustique et de cette mimique pour y associer un objet personnel (Gant, chaussette, pull, etc.)"

As tu des précisions sur ce "SNIFF" ,c'est ce reniflement de la mère qui stimule les chiots a pister pour retrouver leur mère?, technique qui stimulerait, en particulier d'après ce que j'ai compris, le chien dans des comportements de quêtes(le chien cherche les effluves truffe en l'air et non sur le foulement).
Sachant que pour un autre auteur:
"Les deux pulsions fondamentales du chiot sont la piste (retrouver la mère) puis la proie (se nourrir)."

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Re: Notions et lois fondamentales d'éthologie

Messagepar CHR » mar. 2 avr. 2019 22:08

J'ai fais un peu d'élevage en amateur, mais je n'ai pas remarqué de reniflement de mes chiennes pour attirer leurs chiots, de toute façon les premiers jours les chiot sont sourds et ils n'ont que l'odorat pour se diriger.
Ce qu'elles sentaient c'était les orifices pipi caca pour leur faire faire leurs indispensables besoins dont ils sont incapables tout seul. Et c'est en les sentant qu'elles savaient si elles s'étaient déjà occupé de tel ou tel pour ne pas en oublier, mais les chiots au lieu de se rapprocher avaient plutôt tendance à vouloir échapper à cette toilette que l'inverse.
Par contre j'ai toujours remarqué qu'elles semblaient émettre une puissante énergie dans la chaleur de leur corps.